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Histoire et savoir faire

l’univers braquenié…


Depuis 1824…



L es origines de cette Maison remontent à 1824, date à laquelle fut fondée la société Demy-Doineau. Dépositaire de nombreuses manufactures françaises et étrangères de tapis en tous genres, la Maison devient rapidement célèbre.
En 1840, elle rachète les fonds de la Manufacture " Paris ", établie à Aubusson, possédant dans son importante collection de documents et cartons anciens des œuvres de l'atelier du peintre animalier Jean-Baptiste Oudry (par exemple la réplique de la Chienne Blanche peinte pour Louis XV). Le premier contact entre la famille Braquenié et les Demy-Doineau a lieu en 1842 lorsqu'ils s'associent à Alexandre Braquenié, fils d'un contremaître à la manufacture de tapis du Baron Lefèvre, en Belgique. La raison sociale devient alors " Demy-Doineau et Braquenié Manufacture Royale de tapis et tapisserie ".
Quelques années plus tard, le frère d'Alexandre, Henri-Charles, intègre la société. Leur prospérité s'affirmant, ils font appel à des artistes à la mode pour réaliser leurs cartons et une partie importante des planches d'impression de tissus et un grand nombre de documents de la Manufacture de Jouy créée par Oberkampf sont rachetés lors de sa liquidation. L'exposition Universelle de 1855 aura des répercussions importantes puisqu'elle les met en contact avec le Comte des Cantons de Montblanc et que de cette rencontre naîtra Braquenié Frères au château d'Ingelmunster en Belgique. La Maison-mère changera à nouveau de nom au moment du mariage de Henri-Charles Braquenié avec Marie-Esther Demy-Doineau, lorsque Madame Demy-Doineau décide de se retirer des affaires et que les deux frères s'associent sous le nom de Braquenié Frères.
Sous cette nouvelle enseigne, les affaires prospèrent et la Maison rentre dans la légende : les tapis inspirés des savonneries tissés au XVIIe et XVIIIe siècles font affluer les commandes ; les trains de Napoléon III sont tapissés du sol au plafond par Braquenié ; Victor Hugo devient un fidèle client et l'architecte Manguin s'approvisionne chez les deux frères pour aménager le luxueux hôtel particulier de la Marquise de Paiva des Champs-Elysées. La notoriété de la Maison est telle que l'Impératrice Eugénie verra ces tapis lorsqu'elle sera reçue à Istanbul sur le Bosphore au Palais de Dolmabasche.
Leur talent est finalement consacré lors de l'Exposition Universelle de 1867. Ils y présentent un panneau de tapisserie d'après Galland intitulé " la guerre et la paix " et un tapis d'après Adam. Ils remportent une médaille d'or pour leur Manufacture d'Aubusson et une médaille d'argent pour leur Manufacture en Belgique.
L'année 1876 marque la fin de l'association des frères Braquenié qui se dissout en laissant place à la Société Braquenié et Cie qui associe Henri-Charles Braquenié et ses deux gendres. Sous ce nouveau nom, la Maison connaît la chute du Second Empire et si celle-ci ne lui cause pas trop de préjudice, il n'en est pas de même pour la suite des événements.
La Première Guerre Mondiale, l'incendie qui détruisit totalement la manufacture, puis la crise de 1929 sont autant de coups terribles pour elle. Cependant d'illustres peintres contribuèrent à cette époque à perpétuer la renommée de Braquenié. L'après guerre mondiale verra la société s'inspirer encore de ces documents anciens, mais aussi faire appel à des artistes modernes comme Matisse, Picart Ledoux, Lurçat, Saint-Saëns, etc.
Braquenié maintient aujourd’hui son identité propre et transmet avec talent,savoir-faire et tradition, l’art de vivre en France.